Ressentis

Un peu de poésie !

Ce matin, je vous invite à découvrir le partage d’auditeurs sur le site de Radio France! Ils nous confient,à travers les mots, leur ressenti en ces temps différents!

Bonne lecture!

« Je m’appelle Arthur , j’ai 15 ans
Je souhaitais partager ce texte, que j’ai écrit, sur mon ressenti sur le confinement.
Notre routine quotidienne commence à se faire loin maintenant. Le réveil à 6h40, le bus scolaire, les inter-cours et les repas au self du lycée semblent d’une autre époque. Mais ils ne datent que d’une semaine. On l’a pourtant vu arriver progressivement, en Chine, en Europe, en France, puis chez le voisin maintenant. Mais personne n’était prêt à laisser ses habitudes de côté comme ceci. Certains ont vu leur vie se ralentir, obligé de revenir à l’essentiel, à se demander comment réussir occuper sa journée. D’autres à l’opposé ont vu tout s’accélérer, avec sur leurs épaules la France entière. Nous sommes en guerre paraît-il, chaque guerre a ses héros, nous avons trouvé les nôtres. Ils ont le visage de la caissière du supermarché d’à côté, celle qui n’aurait jamais imaginé être applaudie chaque soir pour son métier.
Cloîtrés chez nous, nous n’avons jamais été si proche de notre lieu de vie. On découvre de nouveau notre chez-nous. J’ai énormément de chances car j’aime ma maison. Je suis un privilégié et je me sens honteux de me l’avouer. Sans les distractions des obligations quotidiennes, nous sommes confrontés directement à notre environnement, notre lieu de vie tout comme notre famille. C’est donc le bon moment pour me demander, ”Est-ce que j’aime ma vie ?”. Je suis alors obligé de répondre oui car je n’ai jamais été aussi favorisé que dans ce confinement, qui nous rapproche de ce que l’on est devenu et qui met chacun bien à sa place dévoilant au grand jour les différences.
Le confinement, ne rien faire pour gagner la bataille, une nouvelle drôle de guerre. Je me suis d’abord étonné de la faculté de la population à respecter la privation d’une partie de sa liberté. La peur d’une sanction me suis-je d’abord dis. Puis j’ai compris que c’est une autre peur qui nous fait respecter les mesures, la peur de l’ennemi. Il est plus facile d’avoir peur d’être blessé au combat plutôt que de toucher un camarade d’une balle perdue. Pour nous convaincre d’une urgence il faut que nous voyons le danger de nos propres yeux car tant que notre petite personne ne se senT pas concernée alors elle ne fera rien. C’est pourquoi nous n’agissons pas en prévention mais en conséquence et c’est pourquoi nous perdrons sûrement les combats de demain. Merci d’avance »
Arthur

« À mes sœurs, à mes frères.
Où sont-ils passés tous ces gens ?
Cachés sous le silence du firmament,
Elles étaient femmes, sœurs, filles ou mères,
Ils étaient hommes, frères, fils ou pères.
Entendons les partir sans personne
Comme dans un pire matin d’automne
,
Discrets comme une nuit sans lune,
Et leur solitude fait si peu la « Une ».
Que furent leurs derniers instants ?
Que des feux d’artifice illuminent leurs tourments,
Elles étaient nos sœurs anonymes et inconnues,
Ils étaient nos frères éponymes éperdus.
Laissons nos cœurs ouverts et accueillants,

Comme le doux sourire des enfants,
Tambourinant le réel de nos pensées explosives,
Nous écraserons leur solitude intensive.
Leur disparition es impossible,
Nos souvenirs, nos cris silencieux,
Vont écraser leur absence physique,
Et pour toujours nous seront liés à eux.
Je veux dire en levant les yeux,

Dire aux étoiles de n’être point guerrières,
À mes sœurs, à mes frères,
Que je vous envoie un baiser à travers les cieux. »
Brigitte

« Bravo pour vos émissions “La terre au carré” puis “Le virus au carré”. Pour illustrer cette dernière une petite fable moderne de mon cru (ci dessous). Je ne sais pas si c’est très bon mais c’est d’actualité en tout cas. Parce que je crois qu’on peut continuer à sourire de tout même des choses les plus graves. Bien sûr il n’y a pas de droit d’auteur.
La revanche des animaux
Le maître de ce monde, hautain et arrogant
S’était arrogé seul et sans prendre de gants
De mère nature, les ressources et les droits
Pillant, creusant, brûlant , la terre en maints endroits.
Fatigués écœurés, voici les animaux,
Réunis en congrès pour décrire leurs maux :

‘Il a sali la mer !’ gémissait la baleine .
‘Brûlé ma savane !’ pleurait encore la hyène .
‘Saccagé ma forêt !’, répliquait le babouin.
‘Coupé mon bel arbre !’ dit l’écureuil chafouin.
Il nous faut réagir, hurlèrent-ils d’un seul cri
‘A toi d’agir, lion, toi qui est le plus fort,
Montre lui tous tes crocs, boute-le au dehors !’
‘Hélas’, répliqua t-il, ‘que faire contre un fusil ?’

Ça ne peut plus durer ! Il faut que tout s’arrête !’
Personne n’a d’idée, personne ne dit mot,
Sauf une petite voix, encore bien fluette !
‘Si, moi je le peux ! je suis petit mais costaud !
Mon ami pangolin, lui, me transportera,
J’irai trouver les hommes… advienne-que-pourra !’
Ces mots firent la joie des rieurs de tout bord :
‘Mais tu es un minus, Tu te crois le plus fort ?’
Faisant cesser les rires, le lion acquiesça !
‘Silence dans les rang !’ – La moquerie cessa !
‘ J’en ai fait l’expérience, alors écoutez moi :

On a toujours besoin d’un plus petit que soit !’
Et sitôt dit, sitôt fait,
Le microbe transhumait
Puis agissant aussitôt,
Il avisa un badaud :
‘Mais que faisiez-vous céans ?’
‘Je chantais, ne vous déplaise’
‘Vous chantiez ? j’en suis fort aise.

Et bien … toussez maintenant !’
Marc

Vous trouverez d’autres textes sur le lien https://mediateur.radiofrance.fr/infos/confinement-textes-et-poemes-dauditeurs/

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