Jour 30

Faire moins pour renouer avec l’essentiel…..

Je vous invite aujourd’hui à partager un article de Pascale SENK Psychologie.com

L’excès a envahi insidieusement notre existence. Nous en avons tous fait l’expérience : toujours plus d’activités, d’achats, de sollicitations… L’impression de se retrouver surchargé, incapable d’apprécier la douceur de vivre. Et si, la crise actuelle nous donnait l’occasion de sortir de ce cercle infernal ? D’apprendre à s’abstenir ?…..

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Ca commence souvent de façon insidieuse, par un mal de dos, un poids sur les épaules. Ou alors on éprouve une sensation d’étouffement. Dans la rue, au travail, partout, on cherche de l’air. A ce stade, tout agace : le marché après le travail, les coups de fil interrompant les devoirs des enfants, les dîners avec les copains qui commencent tard à cause de l’agenda « surbooké » de chacun. Peu à peu, tout perd de sa saveur, les loisirs eux-mêmes deviennent des contraintes et le quotidien se transforme en une course effrénée vers on ne sait plus quoi. On vit dans le trop-plein.

« J’ai toujours craint ceux qui partent à l’assaut de leur vie comme si rien n’était plus important que de faire des choses, vite, beaucoup », a dit l’écrivain Christian Bobin. Comment avons-nous pu en arriver là ?

Le trop appelle le trop

Depuis que le sociologue Alain Ehrenberg a nommé et analysé La Fatigue d’être soi (Odile Jacob) contemporaine, nous savons que la société de compétition nous encourage à devenir des individus émancipés, responsables de leur vie. Dépourvus des repères traditionnels, nous sommes aussi minés par le perfectionnisme, la nécessité d’être toujours « plus ». Lors d’une intervention au colloque “Vivre fatigué”, organisé par les PUF et la Société française de psychosomatique, le psychiatre Christophe Dejours avait même parlé de « pathologies de surcharge » regroupant différents troubles liés à « l’hyperactivité sans fin ».

L’histoire familiale de chacun peut aussi jouer un rôle : pour peu qu’on ait été éduqué sous une pression constante, qu’on cherche à calmer son angoisse ou à réparer le destin tragique d’un aïeul, on multipliera achats, travail ou rendez-vous pour se noyer dans l’activité. Ce sont alors des croyances inconscientes qui nous téléguident vers le trop-plein.

On se retrouve pris dans un cercle vicieux : plus de café pour travailler plus, plus de sucre pour se réconforter de tant d’efforts, plus d’achats pour se faire du bien… Mais plus on achète, plus on doit s’occuper de ce que l’on possède, donc moins on a de temps sans contrainte. C’est alors le vertige du « trop-consommer » ; même les objets qui étaient censés nous libérer ou nous faire « gagner du temps » se retournent contre nous : nos conversations au portable nous empêchent de regarder le ciel ou les arbres dans la rue, les infos tous azimuts nous laissent peu de temps pour penser par nous-mêmes. Ainsi vit l’homme occidental, la bouche, les mains et la tête pleines jusqu’à ne plus savoir qui être. Peu à peu, son esprit est aussi chargé que ses chariots du week-end. Or, comme le rappelle la sagesse zen, « il est aussi difficile de vivre avec un esprit encombré qu’avec une maison en désordre ».

S’exercer au renoncement

Comment s’en sortir ? Les : « Je change de vie, je vends tout et je me tire ailleurs… », ces « tout ou rien » drastiques ne sont pas forcément des solutions efficaces car ils n’impliquent pas de changement intérieur. C’est plus probablement par petites touches qu’on allège sa vie, en comprenant d’abord de quoi est fait ce trop-plein qui nous coûte tant. Une démarche nouvelle, plus accessible, que nous vous proposons dans ce dossier. On peut également s’exercer en douceur à certaines formes d’abstinence, en apprenant à renoncer. Aujourd’hui, par exemple, naissent des « jours sans achat », d’autres « sans tabac » ; ou encore des « quiet parties » (soirées-rencontres silencieuses) sont organisées par les créateurs d’événements. A un niveau plus personnel, des idées nous sont proposées : apprendre à laisser passer les gens pressés, à éteindre la télévision, à décrocher des smartphones ou à passer une journée sans voir personne…..

…..Nous avons besoin de temps de retrait pour aller vers le nouveau

Régis Airault est psychiatre. Dans son cabinet se succèdent des personnes en crise, en bout de course et en demande de solutions. Il a publié Faire une pause dans sa vie (Payot).

Psychologies : Pourquoi un livre sur l’art de la pause ?

Régis Airault : Paradoxalement, notre société nous laisse de plus en plus de temps libre, mais ignore notre besoin fondamental de faire des pauses. Or parce que beaucoup d’entre nous n’ont pas pris l’habitude de goûter des temps de coupure dans leur quotidien, ils me demandent de leur prescrire « une parenthèse », des jours d’hospitalisation.

Qu’est-ce qu’une vraie pause ?
C’est un temps de déconnexion où l’on sort de la maîtrise pour s’ouvrir à un moment sympa de la vie : savoir se poser quelques minutes pour un café à la terrasse d’un bistrot. Là, capter les bruits, les conversations, rêver… Nous avons absolument besoin de ces temps de « jachère psychique », ces entre-deux où l’on rompt avec le quotidien… Sinon, on peut avoir tendance à se trouver des bulles artificielles – l’alcool, la drogue… – pour fuir, mais c’est alors une autre façon de se trouver enchaîné.

Est-ce nécessaire à tout âge ?
Oui, ces espaces intermédiaires entre soi et le monde nous permettent ensuite d’aller sans trop de risques vers l’autre. Le « doudou » du tout-petit, puis le jeu de l’enfant occupent cette fonction. Dans certaines cultures, comme à Mayotte où je vis, on prévoit pour l’ado une case un peu à l’écart où il se prépare à devenir adulte…Nous avons besoin de temps de « retrait » pour digérer, penser ce que l’on a vécu, avant d’aller vers le nouveau.

Bonne journée à chacun!

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