La jeune fille au chapeau carmin

Le Petit Chaperon Rouge….revisité « ampoulé »

Ce matin, langoureusement allongée sur le divan, la jeune fille se prélassait, laissant à son esprit tout le loisir de s’évader. Soudain apparût sa mère, femme au teint pâle, à l’allure frêle, mais  dont se dégageait une élégance rare. 

« -Ma chérie, Mère-Grand est souffrante depuis quelques moments. Il semblerait opportun de lui offrir cette galette afin de la réconforter. Puis- je compter sur ton empathie ?

-Mère, laissez-moi revêtir ma capeline et mon chapeau carmins et comptez que  je serai partie d’ici quelques instants. »

Dans les moments qui suivirent, la jeune fille, élégamment endimanchée, se saisit du panier et s’engagea sur le sentier forestier. De nature rêveuse, elle s’attarda auprès de chaque bouton d’or, chaque pâquerette, s’enivrant des premières effluves du printemps.

A l’entour, compère Loup, dont l’instinct n’avait d’égal que son odorat, pressentit très vite l’opportunité d’un déjeuner peu ordinaire. Ne voulant surtout pas effrayer la jeune fille il emprunta le chemin à l’inverse, laissant entrevoir que la rencontre était simple hasard.

«-Bonjour délicieuse créature, quelles circonstances vous ont -elles conduite jusqu’ici ?

-Animal intrigant je n’ai rien à vous dire ! Laissez-moi mon chemin parcourir et poursuivez le vôtre sans plus m’importuner ! »

Le loup, intelligent, comprit qu’il ne gagnerait rien à contrarier cette jeune écervelée. Il préféra donc s’éloigner afin de méditer. Son intuition, il n’en doutait point, finirait bien par le mener jusqu’à son déjeuner !

Tandis que notre belle poursuivait, chantonnant, d’avancer sur la sente ,l’animal quant à lui comprit où ses pas la menaient. Prenant pattes à son coup, il fila chez la vieille âme qu’il dévora sans aucune pitié. Loin d’être rassasié, il devait à présent, tendre avec grande précaution le filet qui saurait capturer sa future proie…..

Toujours aussi joyeuse, la jeune fille à la voix mélodieuse, rejoignit finalement la demeure de son ancêtre.

Avec délicatesse, elle annonça sa présence d’un petit coup sec frappé contre la porte qu’elle franchit sans attendre, tirant la chevillette. Avec la plus grande grâce, elle déposa la galette sur la huche puis retira la coiffe qui lui seyait si bien. Elle vint ensuite déposer un baiser délicat sur la joue de son aïeule…..Quelque peu surprise, elle prit du recul pour lui faire observer :

-Mère-Grand !  Vous devez être bien lasse pour autant maltraiter votre peau si douce!  Vous semblez avoir perdu toute l’élégance qui vous ….

Mais Compère Loup ne lui laissa pas le loisir d’achever son discours ! Il  se précipita sur la belle enfant qu’il dévora sans plus d’égard !

A vous les âmes d’enfants……. soyez rassurées. Le chasseur n’était pas loin. Lorsqu’il découvrit le loup endormi, repu, il l’assomma , lui ouvrit le ventre et rendit à la vie la demoiselle et sa Mère Grand …. 

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