Oser l’ennui !

« Je voudrais crier aux jeunes gens dévorés de l’envie de laisser un nom dans ce monde qu’il y a quelque chose de mieux que de voyager : c’est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d’avoir des aventures : c’est d’en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s’agiter : c’est de s’ennuyer »                                    Jean d’Ormesson  « Éloge de l’ennui et de la paresse »,  extrait de l’ouvrage Qu’ai-je donc fait ?

Et si nous mettions à profit cette parenthèse temporaire pour nous ennuyer un peu … (Je sais c’est une hyper active qui vous le propose)  Et pourtant, je puise beaucoup d’énergie dans mes « moments à ne rien faire !

Difficile à l’ennui de s’inviter dans nos vies hyper connectées, où l’image et le son ne laissent guère de place à l’oisiveté. Le rythme de notre quotidien est souvent effréné, et lorsque soudain, une « fenêtre pause » s’entrouvre, nous la refermons aussitôt, sollicitant sans y réfléchir nos smartphones ou tablettes.

Comme un ennemi, nous cherchons à l’éviter à tout prix ! Mais pourquoi  nous effraye-t-il autant ?  Est-ce la peur du vide ou plus  simplement l’ignorance de ses vertus ?

«  S’ennuyer ouvre  la voie d’un retour sur soi, sur ses désirs véritables » affirme Odile Chabrillac ( thérapeute psychanalytique auteure et directrice de l’Institut de Naturopathie Humaniste)

S’ennuyer ce n’est pas ne rien faire. S’ennuyer c’est permettre à notre cerveau de se reposer, de laisser enfin libre cours à nos pensées, à notre imagination. Ne confondons pas ennui et apathie, cette envie de ne rien faire. L’ennui nous ouvre le chemin de l’intériorité, il nous conduit à l’écoute de nous même, nous invite à ressentir nos besoins, il booste notre créativité….

« La première expérience d’ennui du bébé  se rapporte à l’absence physique de sa mère. Une expérience qui, si elle est soutenue par la rassurante voix maternelle, pousse le nourrisson à éveiller ses sens afin de se désennuyer­: il va s’intéresser à ce qu’il voit, à son propre corps, à ses sensations, etc.  C’est encore plus vrai lorsqu’il est en âge de parler, de penser, d’imaginer.  Plutôt que de mettre immédiatement un objet dans les mains de l’enfant qui s’ennuie ou de le placer devant un écran, on devrait plutôt lui dire : “Ferme tes yeux, il y a en toi plein de belles idées. Quand tu les auras trouvées, tu ne t’ennuieras plus”. » Explique la psychologue Agnès Auschitzka, dans un article publié en­2009

L’ennui c’est bon pour la santé, c’est bon pour le moral !

Alors, en ces moments de confinement apprenons à nous ennuyer et permettons aussi à nos enfants de s’ennuyer de temps en temps ….

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